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La carriole tremblait de tous les côtés, chahutant Pakston et Lyanata comme des petits pantins. Lyanata tenait un mouchoir contre sa bouche, comme s’il pouvait retenir les hauts de cœur provoqués par les secousses, mais aussi par les odeurs nauséabondes qui provenaient de l’extérieur. À n’en pas douter, cela faisait un moment que la municipalité ne s’était pas occupée des lieux. Sans doute cela faisait-il partie du folklore, pensa Pakston...

Les noces funèbres DOFUS Touch
Une route parfaitement rénovée pour accéder à l’une des îles les plus terrifiantes du Monde des Douze, ça n’aurait aucun sens ! D’une certaine façon, ça lui plaisait. Pakston rêvait de ce voyage depuis tellement de temps. Quand Lyanata lui offrit pour leur 20e anniversaire de mariage, sa joie fut telle qu’il sautilla dans tous les sens comme un enfant ! Lyanata, elle, était bien moins emballée que son époux à l’idée de visiter l’îlot Rifique... Mais que n’aurait-elle pas fait, par amour pour lui ? Après trois bonnes heures de ballottements, le couple arriva enfin à destination. Le cocher hurla sur ses dragodindes qui stoppèrent leur course si brutalement que Lyanata fut projetée sur la banquette avant, venant s’écraser le nez contre la paroi en verre qui les séparait du cocher.

« Oh ! Pardon ma p’tite dame ! »

Lyanata ne répondit pas, mais son regard en disait long. Pressé de découvrir l’île, Pakston quant à lui était déjà sorti de la charrette.

« Vous voilà arrivés les amoureux !

- Comme c’est excitant ! Tu t’rends compte chérie ?? On y est !
»

Lyanata resta impassible. De toute évidence, l’enthousiasme de son mari n’était pas communicatif.

« Faut quand même que j’vous avoue queq’chose... leur fit le cocher. Vous êtes les premiers que j’vois si heureux d’être ici !

- Ma femme et moi aimons les sensations fortes. Ce n’est pas pour rien si elle a répondu oui quand je lui ai demandé sa main !,
fit fièrement Pakston tout en lançant un petit clin d’œil à son épouse.
- Oui mais là... Quand même ! Les goules, les chafers, sans parler de ce qui est arrivé aux employés de l’Ag...
- Oh chéri ! Regarde ! Une réplique exacte d’un crâne de goule ! Regarde comme c’est bien fait, c’est fascinant !
»

Ignorant les paroles du cocher, Pakston se précipita vers le portail d’entrée du parc et s’empara du crâne. Un poil agacé, le vieil homme fit un mouvement vers l’arrière avec sa main, puis s’empressa de reprendre la route. Lyanata le regarda s’éloigner, inquiète et intriguée par ce que l’homme avait bien pu vouloir dire.

Elle finit par sortir de sa torpeur et rejoignit Pakston. Une fois dans l’enceinte du parc, Pakston ne savait plus où poser son regard. Tout autour de lui l’émerveillait. Le réalisme était saisissant. Des imitations d’ossements de goules, mais aussi d’aventuriers et de monstres en tout genre jonchaient le sol ici et là. Des stigmates de scènes macabres donnaient du grain à moudre à leur imagination. Des hurlements et des plaintes d’agonie venaient jusqu’à eux, portés par le vent. Lyanata avançait sans regarder où elle mettait les pieds, abasourdie mais aussi effrayée par le spectacle qui s’offrait à ses yeux. Elle se dit que décidément, son mari avait de bien drôles de goûts...

« Là-bas ! C’est notre hôtel, le Goulden Palace. Allons trouver notre chambre. Ce voyage m’a épuisée, j’ai besoin d’une bonne douche. »

Les alentours semblaient déserts. Pakston se dit qu’ils avaient bien fait de venir hors saison. Au Goulden Palace non plus, il n’y avait pas foule. À l’accueil, deux hôtesses piquaient un somme. Pakston ricana entre ses dents.

« Regarde chérie, les employés sont même déguisés en goules ! Ces deux-là m’ont l’air d’attendre les touristes depuis un moment ! »

Lyanata n’était pas à l’aise. Cette île ne lui disait rien qui vaille... Tous deux se dirigèrent vers leur chambre sans prendre la peine de réveiller les réceptionnistes. Ils empruntèrent des escaliers en piteux état recouverts d’un tapis de passage rouge écarlate. Des taches brunâtres et des messages inscrits en lettre de sang tapissaient les murs et les accompagnaient jusqu’à leur porte. « HELP », « FUYEZ ! », « Les goules auront votre peau ! », « Une goule inoffensive est une goule morte ! », « Partez avant que la Shukrute ne vous dévore ! »

« J’adore ! Quel réalisme ! Ils sont vraiment trop forts ! Je me demande si c’est du jus de piment ou du mucus de gelée rouge... On y croirait presque ! Ose me dire que ça ne te donne pas quelques frissons », fit Pakston en donnant un petit coup de coude à son épouse.

Mais Lyanata ne riait pas. Elle profita d’être derrière Pakston pour prélever une petite partie du liquide rouge séché à l’aide de son doigt, et le porta à sa bouche. Son cœur s’emballa. Son instinct ne l’avait pas trompée. Ça ne faisait aucun doute, il s’agissait bien de VRAI SANG !


Vous voulez connaître la suite des aventures de Pakston et Lyanata ? Rendez-vous dans le prochain numéro de Gamakna !