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Paître. N’est-ce pas l’activité la plus relaxante du Krosmoz ?

Mystère et boule de poils DOFUS Touch
Se laisser guider par le parfum délicat de l’orge et de l’avoine, goûter à la saveur complexe du chanvre pour enfin se délecter d’herbes folles près des souches. Au lever du soleil, il s’agit de trouver les jeunes pousses encore fraîches de la nuit, de licher la rosée du matin et de mordiller les frêles racines des arbres. Lorsque le soleil est haut dans le ciel, il est temps de se sustenter d’une plaisante petite brunoise de noisettes accompagnée d’herbettes séchées. Après une pause durement méritée à l’abri du soleil couchant, c’est le moment idéal pour s’attaquer à la mousse, aux champignons des bois et mordiller les murs et barrières alentours.

Mais le délice suprême, celui sur lequel on salive des heures durant, ce petit plaisir qu’on s’autorise dans les moments de faiblesse et qu’on dévore pour les grandes occasions, cette caresse pour le palais, il s’agit bien évidemment du citron. Le citron, c’est cette friandise acidulée, ce fruit croquant sur l’extérieur et fondant à l’intérieur qui fait frétiller les babines. Oui, la vie d’un bouftou est vraiment la plus paisible qui soit…

C’est lors d’une agréable fin d’après-midi que notre jeune bouftou s’éveille de sa sieste coutumière. Le soleil, ayant bercé la journée d’une tendre chaleur printanière, se retire paisiblement à l’horizon pour laisser place à une brise frisquette. Le ciel prend des allures orangées et les nuages se teintent de rose tandis que dans les prés, le chant si bien orchestré des grillons se met en place. L’animal laineux se redresse habilement sur ses quatre pattes. Il s’ébouriffe et fait glisser les feuilles et brindilles de sa toison laiteuse.

L’odeur fruitée et envoûtante d’un citronnier non loin se glisse dans les narines du bouftou. L’animal reconnaît sans mal son arbre favori : ce fruitier de grande taille situé en amont de la colline. Il est si agréable de frotter son pelage à cet arbre, de grignoter son écorce et de goûter à sa sève. Sans attendre, le bouftou se met en route, se laissant guider par l’odeur acidulée du fruitier.

Sur son chemin, une étrange sensation parcourt l’animal. Une forte bourrasque de vent le fait léviter quelques instants dans les airs, sa vision ondule et se trouble légèrement. Le bouftou agite ses pattes dans le vide avant de retomber lourdement sur l’herbe. L’animal plisse ses yeux d’incompréhension puis se remet finalement en marche, guilleret, vers le citronnier.

Arrivé au sommet de la petite colline, le bouftou découvre avec surprise une jeune pousse chétive à l’emplacement exact de son arbre. L’animal tourne autour de l’arbrisseau et renifle son maigre feuillage sans comprendre. Où est passé son grand et beau citronnier et que fait ce petit arbuste à sa place ?

Contrarié par son festin gâché, le bouftou s’étend de tout son long sur l’herbe verte, les yeux rivés sur le petit arbuste dans l’attente de la réapparition miraculeuse de son grand arbre. Puis, alors qu’un sentiment de déception s’enracine chez l’animal, ce dernier réalise qu’on l’observe depuis un moment déjà. En levant les yeux, le bouftou découvre une imposante silhouette rose, sans visage, dont le corps est parcouru de spasmes étranges. Prise de panique, la bête bêle et sursaute puis s’empêtre les pattes en tentant de se relever. La forme humanoïde plonge alors sur le bouftou affolé. Le paysage change totalement.

Le bouftou atterrit, les quatre pattes en l’air, sur un sol dur et rocailleux. Lorsqu’il se relève, l’animal laineux découvre, sur toute la surface du sol, une roche sombre parsemée de discrètes taches d’herbes. Un soleil timide perce difficilement au travers d’une épaisse couche de nuages. Le vent souffle en violentes bourrasques tandis que l’écho répétitif de vagues s’écrasant sur la falaise résonne dans toute la vallée. L’horizon laisse apercevoir une mer déchaînée dont la couleur bleu nuit se fond presque sur la roche grisâtre qu’elle fouette d’une houle furieuse. Au loin, des moulins épars font jouer leurs ailes au gré des courants et, enfin, au sommet d’une impressionnante falaise se dresse une tour aux courbes circulaires. Sa base ainsi que sa toiture sont ornementées de plaques bleutées et brillantes. D’imposants blocs de pierre ceinturent le haut de l’édifice, dont une tige se détache de la toiture pour se dresser verticalement vers le ciel.

Le bouftou cligne plusieurs fois de ses petits yeux avant de prendre conscience qu’il se trouve bel et bien dans ce nouvel environnement. À ses pieds, l’arbrisseau ainsi que son défunt citronnier ont disparu pour laisser place à un triste alpage. Une bouchée suffit au bouftou pour arracher la totalité de l’herbette à la roche sombre. De rares fleurs illuminent la surface terne de la vallée, que l’animal s’empresse d’engloutir ; rien de suffisant pour satisfaire sa faim. De quoi est-on supposé se nourrir dans ce lieu inconnu ?

Triste et apeuré par la disparition de sa vallée chérie, de son garde-manger sans fin et de son citronnier favori, le bouftou glisse, rampe presque, jusqu’au bord de la falaise et se laisse tomber sur le ventre. Oui, il va vraiment mourir de faim ici.

C’est alors que la silhouette rose réapparaît dans un crissement étrange de l’air. Le décor, autour de cette curieuse forme, semble être aspiré et disparaître. Le bouftou relève brusquement le museau tel un chienchien qui, aguerri par la chasse et apercevant une proie non loin, s’apprête à se jeter dessus. En un instant, l’animal se trouve sur l’étrangeté rose. Cette dernière semble fléchir face à l’impulsivité de la bête. Le bouftou saute à nouveau et traverse de part en part la silhouette amorphe.

Lorsque les pattes du bouftou touchent à nouveau le sol, l’animal ne peut retenir un bêlement de joie. L’herbe verte sur laquelle il retombe est celle de sa colline d’origine. Et, en face de lui se dresse majestueusement son citronnier. Il ne s’agit plus d’un arbrisseau, maigrelet et chétif, mais bien de son imposant arbre aux fruits juteux. Sans prendre le temps de se retourner pour voir disparaître derrière lui la plaine rocheuse et les moulins lointains, le bouftou se rue sur le fruitier. Il s’affale violemment contre l’écorce, ce qui permet à un citron bien mûr de se décrocher du feuillage et d’atterrir devant le museau de la bête.

La silhouette rose a disparu du champ de vision du bouftou. Autour de lui ne paraît dorénavant que cette étendue verte qu’il connaît si bien, les arbres gorgés de fruits et le bruissement tranquille d’un ruisseau non loin. Le soleil a fini sa course et plonge se cacher sous l’horizon. L’air est doux, la brise légère et le citron particulièrement sucré. Définitivement, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs !